Rencontre avec Philippe Falliex : l’art de rendre musical une image

Dans l’après-midi du 1er avril 2024, les étudiants de Paris 8 envolés vers la Californie, ont eut la chance de rencontrer et d’écouter le témoignage de Philippe Falliex. Ce musicien expatrié à Los Angeles a pris le temps d’exposer son parcours, ses passions et surtout son quotidien musical.

Un musicien avant tout

Batteur depuis son plus jeune âge, Philippe Falliex a baigné toute sa vie dans la musique. Fils de parents qui s’occupaient d’un orchestre, et frère de la célèbre chanteuse Liane Foly, la musique est pour lui une évidence. Convaincu de vouloir s’épanouir dans ce domaine, il a poursuivi sa carrière en se saisissant continuellement des différentes opportunités qui s’offraient à lui. L’évidence et le caractère vital de sa passion l’ont poussé à continuer. Il n’a jamais eu le sentiment de choisir cette voie puisque celle-ci s’est naturellement imposée à lui.

D’abord batteur studio, cela a vite changé au fil des rencontres et il a pu rejoindre la télévision en tant que musicien. Participant à différentes émissions, il est tombé sous le charme de ce monde médiatique qui cache plus de musique qu’on ne peut l’imaginer. Par son talent en composition, il fut ainsi très vite approché par des producteurs qui le poussèrent encore plus loin que ses espérances.

Mais ce succès en France n’était pas suffisant pour ce passionné qui rêvait d’Amérique.

Le rêve californien – moteur d’un aller sans retour

Malgré une formation et une carrière bien établie en France, Philippe Falliex voulait plus. Il rêvait d’Amérique ! Sans hésitation, et après avoir pris le temps d’économiser, il s’est envolé de l’autre côté de l’Atlantique pour rejoindre une école de musique qui allait marquer un tournant dans sa vie musicale. De ce changement, il a tout de même continué à travailler à distance comme compositeur pour les chaînes françaises, mais s’est installé définitivement en Californie. Cela fait maintenant 12 années que Philippe vit à Los Angeles.

Marqué par ce tournant, celui-ci nous a raconté la différence frappante entre le business américain et français. On pense naïvement tout connaître en arrivant à Los Angeles, car la culture américaine est fortement implantée en Europe. Pourtant, il en est tout autre, et cela prend du temps de comprendre les relations sociales et de travail qui s’opèrent à l’autre bout du monde. Notamment, les codes sont différents, et les réunions de boulot semblent immédiatement positives. Arborant de grands sourires, tout semble, en apparence, être joie et opportunités. Toutefois, très souvent, aucun appel ne suit, et ceux qui semblaient en joie face à un projet, s’avèrent ne plus donner signe de vie. De cette manière, on est très vite fixé quant à la possibilité de travail ou non : les américains ne passent pas par quatre-chemins. De son expérience, Philippe trouve cela en opposition et plus appréciable, que la culture française qui prend son temps, et n’ose pas forcément dire les choses comme elles sont : la communication est plus lente et moins claire.

Petit à petit, s’adaptant à cette nouvelle vie américaine, Philippe Falliex a pu développer son propre business.

L’art de rendre musical ce qui ne l’est pas naturellement

Enrichi de toutes ses expériences, Philippe, avec deux autres personnes, a monté sa société en ligne : MusicPartner. Offrant la possibilité aux émissions de télévision, aux films, ou tout simplement à quiconque le souhaite d’acheter de la musique. De cette manière, ils donnent accès à une grande bibliothèque de musique, créée exprès pour accompagner l’image, et donner vie aux histoires.

Aujourd’hui, cette activité est sûrement celle qui lui prend le plus de temps. Toutefois, il continue de composer spécialement pour certaines émissions ou films: il a pu, par exemple, nous présenter une composition sur laquelle il travaille actuellement consistant à apporter de la musique, et surtout du rythme à un documentaire sur la vie des espèces animales maritimes. Parallèlement à ces activités, il est parfois amené à travailler en tant qu’ingénieur son, et mixe aussi comme DJ dans des soirées américaines.

En conclusion, sa vie tourne autour de la musique et de la composition. Passionné, il continue, même de l’autre côté de l’Atlantique, à créer des jingles pour nos émissions favorites, et à rendre musical différents programmes télévisuels.

Toméo Abdelli–Savin